Don Freddie Primero

Don Freddie Primero est né Frederico Lopez, dans la ville de Bondy en Seine-Saint-Denis. Ses parents arrivent en France quatre mois plus tôt, issu de la vague d’exilés politiques ayant fuit le régime de la junte militaire argentine grâce à Amnesty Internationale et au gouvernement Mitterrand. Après avoir passé les premiers mois en France dans le foyer des jeunes travailleurs de la ville , sa famille s’installe dans le quartier populaire de De Lattre de Tassigny à Bondy, un quartier sensible connu pour son trafic de drogue, comme tant d’autres en banlieue Parisienne. Son père, Agent d’entretien, et fraîchement sortis de détention pendant sept ans pour des raisons politiques, se noie dans l’activisme social pour tenter d’oublier les années de terreur et de persécution. Il crée une association socio culturelle avec une poignée d’autre jeune du quartier, dont le réalisateur DJamel Kelfaoui. Frederico grandit dans un environnement où l’émulation artistique et la culture sont omniprésente : concerts, pièces de théâtre, exposition, rendus possible par les subventions aux associations octroyées par le gouvernement socialiste.

 

Frederico se confrontent très jeune à la fracture entre les classes sociales : il habite une « cité » sensible mais ses parents l’envoient dans un établissement semi privée catholique, où ses camarades de classe sont majoritairement des enfants de bonne famille. L’ effet est à double tranchant, il est pointé du doigt dans son entourage pour son élocution et sa conduite « école privée » et à l’école, on lui souligne régulièrement sa différence sociale. Cette difficulté à trouver sa place et un aspect qui revient beaucoup dans sa vie et vient nourrir son travail.

 

Frederico passe sa jeunesse entre Bondy, le Kremlin-Bicêtre et Sainte-Geneviève-des-Bois suite à la séparationhouleuse de ses parents. Il retourne fréquemment se réfugier à Bondy chez son frère aîné Marcelo et sa copine Sandrine, une mannequin égérie de Sonia Rykiel et ancienne Miss Martinique. Il voit les photos et l’univers Glamour dans lequel évolue sa belle-sœur, de qui il est très proche. Elle lui fait découvrir l’univers de la nuit, l’emmène en discothèque et en Rave Party. Il passe aussi énormément de temps avec son frère avec qui il assiste à des tremplins de groupes amateurs, et aide à l’organisation de concerts. Il se passionne pour la musique, et la richesse artistique des années 90 influencera énormément son travail à posteriori. Il absorbe l’univers des pochettes d’albums, essentiellement de rap, où il s’identifie à l’univers urbain. La culture Hip Hop captive le jeune homme, qui a pleine conscience de la dimension protestataire du mouvement et qui est séduit par le look, le culte du micros, le message, le débit du « flow » et les platines. Aujourd’hui encore, ces réminiscences sont une source intarissable d’inspiration.Frederico assiste aussi à de nombreuses manifestations culturelles, notamment la première « Techno parade » organisé par Jacques Lang (ex ministre de la culture), à des concerts énergiques comme ceux de la Mano Negra, NTM, Cheb Mami, où la ferveur du public marque profondément le futur photographe, fasciné par la manière dont la musique peut rassembler et transcender une foule. En 1999, son frère Marcelo et sa copine Sandrine se séparent violemment, et une fracture familiale vient une nouvelle fois frapper Frederico, qui vit cette séparation comme un deuxième séparation parentale.

 

Après une scolarité turbulente en Bac Professionnel Commerce, Frederico est expulsé de son établissement. Il travaille ensuite dans un magasin de sport où il découvre la vie professionnelle et ses turnovers. Il découvre aussi l’action syndicale. Ce n’est que quelques années plus tard que sous l’impulsion d’une relation amoureuse, il décide de reprendre des études, et est admis à La Sorbonne pour une Licence en Langue Étrangère appliquée.

 

En 2009, Frederico exerce alors comme Chasseur au prestigieux cabaret du Crazy Hors en marge de ses de sa reprise d’études. Dita Van teese est la meneuse de revue, le photographe Ali Mahdavi et le chorégraphe Philippe Decoufflé sont à la direction artistique. Après son service, où il est en contact direct avec des personnalités du show-business international et gagne des pourboires conséquent , il rentre chez lui dans un noctambus mal fréquenté à Bondy, au départ de la turbulente Gare de l’Est nocturne. Ce contraste le marque énormément. Son appartement au Rez de Chaussée, dans la cité où il a grandi, est la porte voisine du point majeur de vente de drogue. Les dealers s’implantent dans les logements de Rez de chaussé généralement occupés par des locataires âgés et fragiles, dépendants des structures sociales , en échange d’argent, pour amplifier leurs réseaux de « planques ». Frederico y habite pendant cinq ans, il est en couple.

 

Frederico à cette période croise son chemin de l’artiste Cathy Calvanus. Elle lui montre ses photos prises avec un simple appareil compact. Frederico est impressionné par le rendu émotionnel produit par un si simple appareil en toute discrétion. Celle-ci, un jour, lui demande un jour de choisir une photo de son catalogue en guise de cadeau, Frederico demande alors à l’artiste d’en choisir une pour lui. Elle choisit la simple photo d’une fenêtres dont l’angle complexe laisse imaginer plusieurs possibilités d’encadrement, selon l’imaginaire de celui qui observe la photo. D’abord perplexe et insensible à l’art plastique, Frederico trouvera plus tard une importante source d’inspiration, dans cette enseignement involontaire.

 

En 2012, Frederico Lopez expérimente la rupture amoureuse : il gère très mal sa situation financière, le rythme et l’exigence universitaire de la Sorbonne, le classisme conservateur de son travail et de sa belle famille, ainsi que les déboires de sa famille où résonnent un passé en Argentine trop obscure.

 

Frederico se retrouve en 2013 à New York, seul dans un voyage initialement prévu à deux, avec un budget extrêmement réduit. Il doit faire face à ses souvenirs douloureux dans sa chambre d’hôtel, ou bien affronter seuls les rues de New York. Frederico décide alors de prendre des photos avec son iPhone 4 dans l’écran est cassé dans les rues de Brooklyn, où il ballade dans les quartiers d’origine de ses artiste préférés, notamment Belford Styvesant. Ce quartier sensible est le berceau de Notorious BIG et Lil’Kim, ses parents « Artistiques ». Frederico se défend émotionnellement prenant des photos, en créant à partir de ses turbulences personnelles.

 

Un souvenir, lui revient alors qu’il marche dans les rue : l’ami réalisateur de son père, Djamel Kelfaoui, lui avait mis à disposition un appareil photo dans les mains durant un concert de la Mano Negra. Très proche de la famille, il venait régulièrement dîner le soir chez les parents de Frederico, et avait une place affective dans la vie familiale. Ses mots étaient « Il faut sentir le moment, quand tu ressens l’instant, cadre et appuie sur le petit bouton ». Ce travail bâclé n’avait jamais vu le jour, mais Frederico appliqua la leçon dans ces rues de Brooklyn. Ces mêmes rue où Djamel était passé et où il avait pris des photos. Voir Djamel dans les rues de New York, où il avait posé avec les jeunes afro-américains d’un lycée, à l’image des séries et clips de raps à laque était exposé Frederico , l’avait profondément marqué. Frederico trouva réconfort dans ces réminiscences et les appliquait à son tour dans ces même rues de Brooklyn.

 

Frederico assiste à une Messe afro-américaine, le Pasteur lit la tourmente dans le visage de Frederico et récite une prière où il déclare que Frederico, à partir de cet instant, deviendra un autre.

 

Par la suite, sans réelle indicateur de temps, Frederico était devenu Don Freddie Primero, un nom d’artiste qui lui était inspiré de ses cours de civilisations de l’Espagne et don les protagonistes étaient les rois d’Espagne Don Carlos de Bùrbo, Felipe VI. Ce nom étaient initialement destinés à brouiller les pistes sur les réseaux sociaux, et ne pas laisser de traces.

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